De Leeuw, labellisé Entreprise du Patrimoine Vivant

Le 20 juillet 2026, l'État français a attribué à De Leeuw le label Entreprise du Patrimoine Vivant, par arrêté du préfet de la région Île-de-France.
Le label EPV est la distinction de l'État français réservée aux entreprises détenant « un savoir-faire rare, renommé ou ancestral, reposant sur la maîtrise de techniques traditionnelles ou de haute technicité ». Dans la facture instrumentale, le label distingue Henri Selmer Paris, fondée en 1885, ou encore Buffet Crampon, fondée en 1825. Au-delà, moins de 1 300 entreprises le portent, tous secteurs confondus : Hermès, Baccarat, Puiforcat, Daum ou encore les champagnes Louis Roederer. La notion de patrimoine vivant n'a d'équivalent qu'au Japon, qui l'applique aux personnes en désignant ses maîtres Trésors nationaux vivants, Ningen Kokuhō (人間国宝) ; la France a choisi de l'appliquer aux entreprises. Cette reconnaissance accueille désormais notre atelier De Leeuw, fondé en 2021.
Le mot vivant est dans le nom du label. Il désigne un savoir-faire en exercice, transmis et porté par une entreprise qui en vit. Ce qu'il reconnaît à l'atelier De Leeuw, à Pont-Sainte-Maxence, ce sont les disciplines des métiers d'art du bois appliquées à un instrument qui n'en avait jamais reçu. Depuis quatre siècles, la France porte le bois au rang d'art, de l'ébénisterie à la facture instrumentale. Chaque grand instrument y a trouvé la sienne : le piano celle de Pleyel et d'Érard, le saxophone, inventé à Paris, celle de Sax. La guitare elle-même a une histoire française : elle se jouait à Versailles à la fin du XVIIe siècle. Sous les mains des Voboam, luthiers à Paris sous Louis XIV, elle fut traitée en pièce de métiers d'art, marquetée d'écaille et de nacre. Le Metropolitan Museum en conserve les instruments.
La guitare électrique est née deux siècles et demi plus tard, ailleurs, objet industriel conçu pour être assemblé en série. « La guitare électrique est le dernier instrument à cordes en bois, et le seul que personne n'avait encore porté aux métiers d'art français. Nous avons fondé l'atelier pour l'y faire entrer, et pour qu'il y reste », dit David Schwarz, co-fondateur de De Leeuw. L'atelier lui applique les disciplines qui ont fait la grandeur des métiers d'art du bois en France : la lutherie, l'ébénisterie d'art, la marqueterie et la sculpture.

La commission a examiné ce savoir-faire, et la réflexion dont il est né. Avant de concevoir sa première guitare, Quentin De Leeuw, co-fondateur et Maître Artisan d'Art, a voulu maîtriser l'ensemble des métiers du bois que la guitare requiert : « Sculpter un instrument dans la tradition française exige une main qui maîtrise toutes les disciplines du bois. » Il a consacré treize ans à les maîtriser : lutherie, ébénisterie d'art, marqueterie de bois et de paille, sculpture ornementale, quatre disciplines qu'une seule main réunit rarement. Il les transmet aujourd'hui aux apprentis qui se forment à ses côtés. Chaque instrument découle de ces disciplines. Sculpté à la main, sans machine numérique, depuis la grume jusqu'à la pièce achevée, dans le noyer et l'érable français. Construit autour d'un manche traversant d'une seule pièce, la construction qui exige le plus du luthier et n'admet aucun raccourci. « On n'atteint pas la plus haute facture d'un instrument par le chemin le plus simple. On l'atteint par celui qui demande tout de la main », dit-il. Une De Leeuw n'est pas assemblée. Elle est sculptée.

« Un savoir-faire n'existe que reconnu, par ses pairs, par les institutions, par les artistes et par les maisons qui le présentent. C'est ce que nous avons construit », dit David Schwarz. C'est aussi cela que la commission a examiné. Dès 2022, l'Opéra national de Paris invitait l'atelier De Leeuw à l'Opéra Bastille, parmi les facteurs d'instruments réunis pour « Tous à l'Opéra ». En mai 2025, le Pavillon France de l'Exposition universelle d'Osaka l'accueillait pour une journée. En novembre 2025, la Nina Air en marqueterie de paille représentait la facture française sur la tribune présidentielle de l'Élysée, à la Grande Exposition du Fabriqué en France. Ses instruments équipent les Studios Miraval depuis 2023 ; ils se sont joués sur la scène du Stade de France et à Coachella. Des artistes tels que Pete Jonas (Suki Waterhouse), Alex Grolée (Lucky Love) ou Danny Marta (Gipsy Kings par André Reyes) les jouent, et des guitaristes formés au Berklee College of Music les commandent aujourd'hui. Ils sont distribués à Tokyo, Osaka, Los Angeles, Dubaï, Genève, Londres, Nice et Paris.
Ce label d'État est attribué pour cinq ans. Il vient d'être accordé à notre atelier, qui en a tout juste cinq, pour un savoir-faire qui a trouvé en quelques années une audience nationale et internationale. Ce que l'État reconnaît n'est pas une tradition préservée : c'est une tradition qui commence.
De Leeuw figure au registre officiel des Entreprises du Patrimoine Vivant. La fiche de l'atelier est consultable sur le site du réseau EPV.

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